La serie que desvela el lado oculto de tus películas de terror favoritas

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Por Manuel Sánchez

Saviez-vous que le mythe derrière vos films d’horreur préférés aurait pu naître dans la cuisine obscure d’un vrai boucher ? La dernière saison de la série Netflix « Monster » ose révéler cette face cachée avec une proposition aussi ambitieuse que complexe. Que vous soyez fasciné par les tueurs de films ou que vous vous demandiez pourquoi les monstres fictifs nous effraient autant, voici de quoi réfléchir… et frissonner.

Recette pour un monstre : entre true crime et pop culture

On dit que les suites ne sont jamais bonnes, mais qu’en est-il des troisièmes ? Bien qu’elle n’atteigne pas le niveau de génie de l’opus avec Jeffrey Dahmer, la saison centrée sur Ed Gein est devenue la série la plus regardée actuellement sur Netflix. Son secret ? Elle ne se limite pas à relater les crimes du célèbre « Boucher de Plainfield » à la manière d’un véritable roman policier ; elle les utilise comme prétexte pour mélanger des éléments de la culture populaire, notamment l’influence de Gein sur les films d’horreur.

Ce n’est évidemment pas un hasard. Quiconque a suivi la carrière de Ryan Murphy et de ses complices – cette fois avec Ian Brennan aux commandes – sait que leur truc, c’est d’alterner entre pépites télévisuelles et épisodes superflus, souvent dans la même série. Ils l’ont déjà démontré dans « American Horror Story » et « American Crime Story » : ils ne manquent jamais d’ambition et cherchent toujours à dépasser la version basique des faits. Ici, l’objectif n’est pas l’exactitude absolue, mais plutôt d’explorer comment la violence peut se transformer en phénomène populaire, presque viral.

Quand la réalité est plus effrayante que la fiction

Il n’est pas surprenant qu’Ed Gein ait inspiré des classiques glaçants. Trois films s’inspirent ouvertement de sa légende :

  • «Psychose» d’Alfred Hitchcock
  • « Massacre à la tronçonneuse » de Tobe Hooper
  • « Le Silence des agneaux » de Jonathan Demme

« Monster » les recrée à l’écran, du tournage à leur réception publique, bien que chacun joue un rôle plus ou moins important. Cependant, la présence du film de Demme est à peine symbolique. Malgré l’attrait que peut susciter le rapprochement entre le mythe de Gein et le cinéma, la série ne parvient pas à tout boucler : le récit est lourd, les sauts dans le temps et le parcours semé d’embûches. Le principal défaut, disent-ils, est la longueur : huit épisodes qui traînent en longueur, faute de contenu riche.

Il en résulte une rétrospective incomplète de l’horreur américaine. À l’instar des romans policiers, elle s’étire et souffre de sa solidité. Et, paradoxalement, la série finit par tomber dans le piège qu’elle tend au spectateur : elle exploite, par une esthétique très soignée (et excessive), la violence qu’elle prétend remettre en question.

Les jeux métafictionnels et la viralité du monstre

La série se permet néanmoins quelques plaisirs, comme fantasmer sur ce que pensaient Hitchcock et Hooper avant et après la sortie de leurs films. La véracité importe peu ici : leurs films apparaissent et disparaissent aussi vite (l’intrigue secondaire avec Anthony Perkins aurait mérité une saison à part entière). « Monster » aborde de nombreux thèmes, mais ne parvient pas toujours à les unir.

Le clin d’œil méta ultime se produit vers la fin, lorsque la série introduit une référence limpide à « Mindhunter ». Pas seulement par une simple mention, mais par le biais de personnages réels qui réapparaissent sous forme de clones authentiques (et l’acteur Happy Anderson revient dans le rôle de Jerry Brudos, par ailleurs). C’est tellement évident que cela frise la comédie, mais du bon genre.

Ici, la fiction dérape : les agents du FBI de « Mindhunter » contactent Gein, et il les aide à résoudre l’affaire Ted Bundy. Non, rien ne prouve que cela ait jamais eu lieu, mais qui s’en soucie ? La liberté créative, loin d’être un coup tordu, renforce la thèse : personne, pas même Netflix, ne nous raconte la véritable histoire d’Ed Gein. Ce que nous voyons, ce sont des échos, des mythes, des projections d’une société fascinée par l’horreur.

Mythe, violence et commerce du terrorisme

Au final, ce qui importe moins, c’est que Gein ait tué des chasseurs à la tronçonneuse ou pratiqué la nécrophilie, mais plutôt notre obsession persistante pour la violence et ce que nous y reflétons. Curieux que ce soit la même série qui ait transformé Dahmer en costume d’Halloween et en mème viral ! Le monstre fait vendre, et Netflix le sait bien.

Conclusion : « Monster : The Ed Gein Story » est davantage une analyse d’un écho culturel que de l’homme réel. Votre fascination dépend de votre tolérance aux excès formels, mais si vous voulez comprendre pourquoi vos cauchemars cinématographiques ont des racines si troublantes, jetez-y un œil : il y a des choses que seul le mythe peut expliquer… même si elles ne collent pas tout à fait.

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